Comment échapper aux pattes velues du système bureaucratique qui tente de vous emprisonner dans sa toile totalitaire ?
Comment user de mimétisme et se fondre dans les murs briqués pour mieux déjouer les plans machiavéliques du Monstre urbain ?
Comment clamer prudemment vos opinions sans être soupçonné de manquement à la bienséance ?
Si, en lisant ces quelques lignes, vous vous dites : « La situation est grave ! ». Alors, c'est que vous avez tord. La situation est pire ! Camarades Résistants, il est grand temps de sortir de l'anonymat et de reprendre nos chapeaux de combat.
En ces heures cyniques où l'homme se résume à être une victime consentante de la passivité et du confinement, rien ne semble pouvoir s'opposer à l'avènement de la « dictature du voisinage », règne de suspicion et de délation. Etouffée sous la pression paperassière de la bureaucratie, l'identité individuel s'estompe. Une dissolution de l'être irréversible caractérisé par la réduction des modes d'expressions et la persistance d'un sentiment d'insécurité au contact de la nouveauté. Il paraît évident que cette surévaluation du danger ne laisse aucune place à l'initiative, à l' imagination ou à une quelconque forme de distinction personnelle. La finalité de cette entreprise invisible mais belle et bien quotidienne porte un nom, élevé au rang d'idéal par l'administration bureaucratique : « l'Autocratie ». Ce phénomène en construction implique que chaque citoyen se dispense d'autorité et applique par lui même, de façon si automatique qu'elle en devient inconsciente, tous les principes exigés par le système en place.
Hélas, si le citoyen est malléable, il est tout aussi capable de réflexion. C'est sur l'espoir résidant dans ce postulat que la cellule de résistance Clock s'est consacrée à la création et la diffusion d'un traité clandestin sur la résistance de bureau, la contre propagande et la subversion anti-conformiste : « Le Manifeste des Hommes-Briques ».
« Le Manifeste des Hommes-Briques », premier album du groupe Clock, se présente comme un entrelacs musical de douze titres ponctués d'allusions cinématographiques. Par le biais d'un Post-Rock protéiforme, Clock nous dévoile un conte urbain et dangereux : Griville, remarquablement mise en lumière par le travail graphique de l'illustrateur Aurélien Police. Le groupe nous immerge dans un univers imaginaire nourri de S-F et de film noir, prolongement de thèmes puisés dans le quotidien. L'écriture poétique contourne le piège de la simple narration et dresse le portrait de personnages à la fois perdus et confinés. Entre efficacité rock et expérimentations sonores, « Le Manifeste des Hommes-Briques » nous livre douze titres à l'identité prononcée. Un album à écouter, mais aussi à lire et à regarder.
| 01 Veglione | 03' 25" |
| 02 L'Empire des Archives | 04' 00" |
| 03 Griville | 05' 04" |
| 04 Absinthine | 04' 13" |
| 05 Ici 4 Murs | 03' 23" |
| 06 Jour de Comité | 02' 24" |
| 07 Missy Eleanor Rougevent | 05' 47" |
| 08 Léviathan | 04' 07" |
| 09 L'Évasion de Zéphyr | 03' 08" |
| 10 Épitaphe | 04' 13" |
| 11 Les Mouches | 04' 09" |
| 12 Disparition Normalisée, Rame N°16B | 06' 12" |